Le chant d’Achille – Madeline Miller

ALERTE COUP DE CŒUR. Plus que ça même. Aujourd’hui, après plus d’un mois d’absentéisme sur ce blog, je vous parle du Chant d’Achille de Madeline Miller, c’est traduit de l’anglais par Christine Auche.

Mythologie grecque • Tragédie • Romance

Résumé : « Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l’amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible. Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles. » (Résumé de l’éditeur)

Ce roman. Ce. ROMAN.

Parlons d’abord des deux personnages principaux, Achille et Patrocle, et de leur relation. On a Patrocle, qui est discret, mais surtout qui est profondément bon, c’est un narrateur très attachant, j’ai aimé le fait qu’on ressente tout son amour pour Achille via ses mots. Et puis on a Achille, le demi-dieu, il est solaire, il est tellement au-dessus des autres qu’il ne leur porte aucun intérêt. Je ne pense même pas que ce soit de l’arrogance, c’est tout simplement qu’il ne vit pas au même niveau que les autres, c’est un DEMI-DIEU. On sent que sa plus grande peur est d’être oublié. Il préfère partir dans une guerre dont il sait qu’il ne reviendra pas que mourir heureux mais oublié de tous. La seule personne qui le maintient parmi les mortels, la seule personne à qui il s’intéresse, c’est Patrocle. Ainsi, nous avons d’un côté Patrocle qui est très empathique et qui se soucie du sort de ses semblables, mais qui est capable d’être égoïste quand il s’agit d’Achille, et Achille qui ne se soucie pas des autres mortels, mais qui donne à Patrocle tout son amour, toute sa part de mortel j’ai presque envie de dire. Une autre chose que j’ai aimée dans leur relation, c’est qu’on aurait pu facilement avoir une part de doute du côté de Patrocle : « Achille m’aime-t-il vraiment ? Il est tellement extraordinaire comparé à moi … ». Vous voyez le genre. Mais à partir du moment où il est très clair pour les deux qu’ils s’aiment, il n’y a pas un instant de doute, pas un instant de regret. Ils s’aiment jusqu’à la mort. Et c’est une évidence. Achille et Patrocle sont nés pour s’aimer.

Bien sûr je ne peux pas ne pas parler de la fin. Le pire n’est même pas la tragédie qui se déroule devant nos yeux, car c’était prévisible. Je connais l’Iliade. Je connais le mythe d’Achille et Patrocle. Je savais. Et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de vouloir y croire. Vers le milieu du roman, on commence à voir toutes les pièces de la tragédie se mettre en place. On sent, on sait que tout ça ne peut que mal finir. Et on assiste impuissant au déroulement de cette histoire qui ne peut finir que par la mort des deux amants.

La colère d’Achille. Cette partie m’a donné des frissons. C’était tellement violent, tellement puissant.

Madeline Miller a un talent de narration incroyable. L’histoire est fluide, chaque scène a sa place, chaque scène à sa place. Je veux aussi applaudir la traduction de Christine Aque j’ai trouvé vraiment très bonne.

En résumé, un énorme coup de cœur que je recommande à tout le monde. J’ai déjà converti une bonne partie de mes ami.es, et j’espère vous avoir convaincu avec cet article ! Je vous laisse avec cette citation :

Je le reconnaîtrais rien qu’au toucher, ou à son odeur, je le reconnaîtrais si j’étais aveugle, aux seuls bruits de sa respiration et de ses pas martelant le sol. Je le reconnaîtrais dans la mort, à la fin du monde.

Je le reconnaîtrais rien qu’au toucher, ou à son odeur, je le reconnaîtrais si j’étais aveugle, aux seuls bruits de sa respiration et de ses pas martelant le sol. Je le reconnaîtrais dans la mort, à la fin du monde.

Trouvez moi un héros qui ai été heureux,

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Pour aller plus loin :

Les enfants des Feuillantines – Célia Garino

Aujourd’hui je vous parle d’une super lecture, Les enfants des Feuillantines de Célia Garino, publié aux éditions Sarbacane dans leur collection X’prime.

Famille • Roman-feuilleton • Tranche de vie

Résumé : Tout commence par trois sœurs : l’une s’est suicidée, une autre s’est enfuie du jour au lendemain sans laisser de traces, et la dernière est internée en hôpital psychiatrique, laissant derrière elles huit enfants. Toute cette « petite » famille vit aux Feuillantines sous la garde de Désirée, 24 ans, qui se retrouve à devoir s’occuper de sa sœur et de ses six cousins et cousines, de l’arrière-grand-mère de la famille, d’un perroquet, d’un cochon, d’un lapin et une portée de chatons.

Ce roman a vraiment été une super lecture. Si je devais le comparer à d’autres, je dirais que c’est un savant mélange entre Sauveur et Fils de Marie-Aude Murail et Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, et ce sont des compliments. Comme dans ces deux autres œuvres, on suit une myriade de personnages tous plus différents les uns que les autres, leur vie quotidienne, mais complètement déjantée, et malgré un fond assez dramatique, on ressort avec une joie de vivre et un sourire immense aux lèvres.

Malgré un très grand nombre de personnages, Célia Gérino parvient parfaitement à les présenter de manière claire et précise, ce qui fait que je n’ai jamais été perdue entre qui est qui, et quelle est la personnalité de chacun.e, et les liens entre les différents personnages.

L’écriture est fluide et très addictive, c’est le genre de romans qui se dévore en une après-midi (ce que j’ai fait !).

J’ai beaucoup aimé le personnage de Bérénilde, qui en plus d’avoir un nom magnifique est vraiment un personnage très intéressant, et surtout très nuancé. Au début, on a l’impression que ce n’est qu’une brute, on se rend compte qu’elle harcèle et maltraite continuellement le même garçon, qui est devenu son souffre-douleur. Mais plus les pages avancent et plus on sent toute la complexité du personnage, qui est elle-même victime de harcèlement, qui a beaucoup de colère en elle qu’elle n’arrive pas à exprimer autrement qu’en faisant subir à un autre ce qu’elle subit elle-même. Ça n’excuse pas son comportement mais ça l’explique. Ce personnage est d’ailleurs un bon exemple de la subtilité des personnages de ce roman : ils ne sont pas parfaits, ils sont pétris de défauts et de contradictions, mais au fond, on a seulement envie de les aider et on apprend à les apprécier malgré leurs points négatifs.

En résumé, une lecture doudou que je vous recommande chaudement si vous aimez les épopées familiales !

Prenez bien soin de vous et de votre famille,

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Pour aller plus loin …

La Passe-Miroir Livre 3 : La mémoire de Babel – Christelle Dabos

Bonjour à tous et à toutes ! Voilà bien un bon mois que je n’ai pas sorti d’article sur mon blog (honte à moi !). La raison : un départ en Allemagne, d’où je vous écrit actuellement ! Mais assez discuté, et passons directement à mon avis sur le troisième tome de La Passe-Miroir, notre série de fantasy nationale ! Mais juste avant, si vous ne les avez pas lus, je vous conseille de jeter un œil à mes avis sur le premier et le deuxième tome, et, si il est utile de le préciser, je vais spoiler ce tome et les précédents.

Fantasy • Complots • Magie

Résumé : Voilà presque trois ans qu’Ophélie est retournée à Anima et a été séparée de Thorn, mais elle n’a pas abandonné son but premier : retrouver celui qui est maintenant son mari et enfin trouver des réponses à ses questions sur Dieu. Arrivée à Babel, une cité cosmopolite, sous une fausse identité, Ophélie devra faire preuve d’inventivité et d’ingéniosité pour espérer retrouver Thorn dans l’immense bibliothèque de Babel …

Encore une fois, Christelle Dabos et son écriture fluide nous embarquent dans un roman impossible à lâcher ! On trouve néanmoins un changement de ton assez radical avec le premier et le deuxième tome. Je pense que ce tome marque une vraie rupture avec les précédents. L’histoire s’épaissit aussi, on a de plus en plus d’éléments de réponse, mais aussi plus de questions !

Babel est vraiment un lieu extraordinaire, de manière générale, ce tome nous permet de découvrir plus en détail cette Arche et d’avoir d’autres détails sur l’univers. On rencontre de nouveaux personnages très intéressants, comme Octavio, que j’ai beaucoup aimé.

Ophélie m’a pas mal énervée dans ce tome. Elle ne s’émerveille de rien ! Elle se trouve dans la ville la plus extraordinaire qu’elle ai certainement l’occasion de voir, et elle reste de marbre devant ses merveilles. Sérieusement. Pourquoi est-ce que la relation entre Ophélie et Thorn fonctionne si bien ? Parce-qu’il n’y a que Thorn qui peut supporter Ophélie, et inversement ! Ils sont chiants, mais ensemble (je plaisante je plaisante).

En parlant de la relation entre Ophélie et Thorn : quel plaisir de la voir débuter ENFIN vraiment ! Je sais que tout le monde dans le fandom en parle, mais la fameuse scène des cicatrices (56) a été tant appréciée pour une RAISON. ce qui rend cette relation si forte c’est surtout cet aspect « nous deux contre le monde ». Thorn est aussi vraiment un personnage très intéressant, et c’est tellement fort de le voir s’ouvrir à ce point à quelqu’un après tout ce qu’on a découvert sur lui.

J’ai beaucoup aimé les chapitres du point de vue de Victoire, la fille de Bérénilde et Farouk. Son pouvoir est aussi très intéressant.

Malgré tout ces points positifs, je pense que c’est le tome que j’ai le moins aimé des trois. Peut-être le rythme, tantôt très lent, tantôt effréné, ce qui ne m’a pas empêchée de le lire en deux jours, comme les précédents.

J’avoue avoir un peu de mal à écrire cet article car je le fais alors que j’ai déjà lu le quatrième tome il y a quelques semaines, et tout se mélange un peu dans ma tête ! Je propose de m’arrêter là … On se retrouve très bientôt pour la chronique du tome 4 !

Que l’écharpe soit avec vous (comme le dit l’autrice),

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Pour aller plus loin …

These witches don’t burn – Isabel Sterling

Si je vous dis « des sorcières lesbiennes à Salem » vous me dites quoi ? Moi je vous dis These witches don’t burn de Isabel Sterling. C’est un roman que j’ai lu en VO anglais, et qui n’a pas été publié en français.

Sorcières • Salem • Relations amoureuses

Résumé : Hannah est une sorcière, une Elemental qui vit à Salem avec ses parents. En dehors du fait qu’elle prend des cours de magie et qu’elle doit absolument cacher ses pouvoirs aux Regs (les gens sans pouvoirs), elle mène une vie plutôt banale, entre son petit boulot, sa meilleure amie Gemma, Veronica, son ex toxique et envahissante et la nouvelle fille en ville qui lui plait pas mal … Mais des choses étranges se passent à Salem et Hannah va peut-être devoir faire face à des forces qui la dépassent.

Petite histoire de comment j’en suis venu à lire ce livre. J’en avais entendu parler dans une vidéo Youtube, et depuis, pour une raison que j’ignore, j’avais très envie de le lire ! Finalement, une amie (La tête dans les étoiles) me l’a offert pour Noël, et j’ai enfin pu le lire.

Mon avis vis-à-vis de ce roman est assez mitigé. La première moitié m’a franchement ennuyée. Je voulais lire ce livre pour voir de la magie, de l’action ! Et je me suis retrouvé à suivre les problèmes de cœur d’une adolescente lambda qui passe son temps à se plaindre de son ex. Elle passe aussi son temps à répéter combien il est important qu’aucun Reg (= Moldu) ne la voie faire de la magie, et du coup … Bah du coup elle ne fait pas de magie et on s’ennuie ferme.

J’étais donc très déçue, mais heureusement la deuxième partie se rattrape. On a enfin un peu d’action ! Les relations entre les personnages s’étoffent un peu, et j’ai enfin commencé à me sentir dans l’histoire.

Malgré tout, je n’ai jamais vraiment réussi à m’accrocher à l’histoire. Je n’attendais pas les révélations finales, mais je n’ai pas non plus été surprise.

Et surtout … J’ai découvert à la fin qu’il y avait un tome 2 ! Je DÉTESTE quand je découvre ça sans le savoir. Je ne sais pas si je lirai le tome 2, si il me tombe dans les mains peut-être, mais je ne suis pas extrêmement curieuse de découvrir la suite.

En résumé une assez grosse déception, pas une lecture horrible non plus mais clairement pas à la hauteur de mes attentes.

Ne vous laissez pas ensorceler,

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Pour aller plus loin …

L’ascension de Camelot Livre 1 : La duperie de Guenièvre – Kiersten White

Bonjour ! Je vous parle aujourd’hui du premier tome d’une saga de fantasy publiée en France chez DeSaxus, avec une traduction de Véronique Baloup, qui est une réécriture du mythe arthurien.

Mythe arthurien • Fantasy • Magie

Résumé : « La princesse Guenièvre arrive à Camelot pour épouser le charismatique Roi Arthur, mais elle n’est pas celle qu’elle prétend être. Son vrai nom et sa véritable identité sont un secret. La magie a été interdite dans le royaume et le sorcier Merlin qui en a été banni a trouvé un moyen de protéger le roi : faire de Guenièvre sa femme… et sa protectrice contre ceux qui veulent voir la ville du jeune souverain tomber. Pour sauver la vie d’Arthur, sa nouvelle épouse va devoir naviguer dans une cour où les anciennes valeurs qui s’opposent au changement côtoient de nouvelles voix qui se battent pour un monde meilleur. Mais au cœur de la forêt et dans les sombres profondeurs des lacs, la plus terrible des menaces attend pour récupérer ce qui lui est dû… Les chevaliers d’Arthur croient qu’ils sont assez forts pour faire face à n’importe quel danger, mais Guenièvre sait qu’il faudra bien plus que des épées pour garder Camelot libre. » (résumé de l’éditeur)

Avant de parler du roman en soi, je voudrais parler de l’édition, afin de ne pas être obligée de le redire plus tard. Si l’objet-livre est magnifique, ce roman comprend de GROS problèmes de traduction : on parle de concordances des temps qui ne fonctionnent pas, de phrases maladroites et surtout, certaines phrases qui ne veulent littéralement RIEN DIRE. Je cite : « Je ne sais pas comment il difficile de trouver un autre verbe dans cette expression mon nom. ». Je ne suis pas en train d’inventer, je vous cite littéralement une phrase du roman. Mais ça reste quand même extrême, toutes les phrases ne sont pas comme ça (heureusement). Tout ça pour dire que j’ai vraiment eu du mal avec la traduction qui m’a fait sortir de ma lecture plusieurs fois.

De manière générale, ce livre a été une bonne lecture, il y a pas mal de choses intéressantes, bien qu’il ait de nombreux défauts.

Pour moi, le personnage le plus dérangeant a vraiment été Guenièvre (ce qui est embêtant, vu qu’elle est le personnage principal ……). Elle est censée être là pour protéger Arthur, être puissante, mais finalement elle passe son temps à se déprécier et à l’écouter elle a l’air absolument insignifiante. Si je peux me permettre une petite analyse à deux balles, elle souffre clairement d’un syndrome de l’imposteur et semble toujours avoir besoin de faire ses preuves. Elle répète tout le temps qu’elle est là pour protéger Arthur … ON A COMPRIS. En plus, elle tombe amoureuse toutes les cinq minutes c’est usant. Disons qu’il ne s’agit pas du personnage puissant que j’espérai.

Heureusement, le roman se rattrape avec les autres personnages. J’ai surtout beaucoup aimé les deux principaux personnages masculins. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Arthur qui est vraiment appréciable. C’est quelqu’un de très gentil, mais aussi intelligent et réfléchi, on comprend aisément pourquoi son peuple l’aime autant. Mais mon personnage préféré a vraiment été Mordred. Je l’ai trouvé très bien écrit, et il a une personnalité très sarcastique et il est bien écrit. Ses motivations étaient logiques et intelligentes.

J’ai bien aimé trouver en arrière plan l’histoire de Tristan et Iseult, un mythe que j’aime beaucoup. Mais avec les révélations qui sont faites, je me pose tout de même des questions par rapport à cette réécriture. J’espère que des explications supplémentaires seront données dans les tomes suivants.

Une lecture assez mitigée donc, avec des éléments positifs comme négatifs. Néanmoins, l’intrigue est assez intrigante pour me donner envie de lire la suite quand elle sortira en français, en espérant cette fois que la traduction sera meilleure …

Passez une belle journée,

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Pour aller plus loin :

Mémoires, par Lady Trent – Le tropique des serpents – Marie Brennan

Bonjour à tous et à toutes ! Aujourd’hui je vous parle du deuxième tome de la sage des Mémoires, par Lady Trent. En France, c’est publié par les éditions Atalante et traduit par Sylvie Denis. Avant de lire mon avis, je vous invite à lire celui que j’ai écrit sur le premier tome, qui avait été un coup de cœur monumental, et qui avait été une de mes deux meilleures lectures de 2020. Je vais donc spoiler le premier tome dans cette critique, alors attention !

Dragons • 19ème siècle anglais • Sciences naturelles

Résumé : Après sa première expédition, Isabelle Trent est plus décidée que jamais à retourner sur les traces des dragons. Accompagnée de ses amis et collègues Nathalie et Thomas Wilker, elle va monter une expédition vers l’Érigie dans le but d’étudier les dragons locaux, et ceux des marais, aussi appelé « Enfer vert ». Elle ne sait pas encore qu’elle va se retrouver embarquée dans des problématiques politiques qui la dépassent complètement …

Si le premier tome avait été un coup de cœur absolu, je suis un peu plus réservée sur celui-là. Si j’ai passé un très bon moment pendant ma lecture, je n’ai pas retrouvé l’ambiance qui m’avait tant emportée lors de ma lecture du premier tome.

Un gros point positif, c’est vraiment l’univers qui s’étoffe considérablement. On découvre des problématiques économiques et politiques qui sont bien plus poussées que dans le premier tome. L’Érigie est un continent avec des influences claires de notre Afrique, et notre pauvre Isabelle, qui ne voulait que trouver ses chers dragons va se retrouver mêlée à des questions économiques, puisque le Scirland, le pays d’origine d’Isabelle (un équivalent dans notre monde de l’Angleterre) tente de mettre au point des accords pour forer le sol et récupérer le fer très présent en Érigie et à des conflits entre les groupes politiques locaux. Ce que j’apprécie vraiment ici, c’est que l’autrice (Marie Brennan), tout en étoffant son univers et en le rendant bien plus vivant, nous parle à travers la plume ironique de Lady Trent de problématiques bien actuelles et qui existent bien dans notre monde. J’ai trouvé aussi que les questions sociales étaient plus poussées, avec une place plus importante accordée aux questions de la place de la femme dans les milieux scientifiques par exemple.

Je pense que ce qui m’a le plus bloquée dans ma lecture c’est le fait que j’ai retrouvé beaucoup de similitudes avec le premier tome dans la construction de l’intrigue. Finalement, Isabelle ne fait pas de découvertes absolument majeures, on voit finalement peu de dragons, ce qui s’expliquait bien dans le premier tome, mais qui là m’a un peu laissée sur ma faim. J’aurai aimé plus de naturalisme je pense.

Le personnage d’Isabelle est toujours attachant, bien qu’on sente bien qu’elle a prit de l’expérience et de l’âge depuis sa première expédition. Malgré tout, j’ai trouvé dommage qu’on ne voit pas un peu plus les autres personnages qui restent toujours très secondaires, surtout Thomas Wilker qui prend un peu plus d’importance et que j’aime bien. Je pense aussi que c’est lié au personnage, elle ne se soucie pas vraiment des autres, la seule chose qui l’intéresse vraiment ce sont les dragons.

L’écriture est toujours aussi bonne, ça se lit vraiment très bien et très vite. On retrouve toujours des illustrations de Todd Lockwood qui traversent le récit.

En résumé, une légère déception en comparaison avec le premier tome, mais un roman qui reste très agréable à lire, et dont je lirais la suite avec grand plaisir !

Ne tombez pas dans les marais,

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Pour aller plus loin :

Un jour, je te mangerai – Géraldine Barbe

Je vous parle aujourd’hui d’un roman court pour la jeunesse poignant, Un jour je te mangerai de Géraldine Barbe, publié chez l’École des Loisirs.

Troubles alimentaires • Relation toxique • Relation entre sœurs

TW : troubles alimentaires, relation toxique, tentative de suicide

Résumé : « Que se passe-t-il avec Alexia ? Un jour elle chipote dans son assiette ; le lendemain, elle engouffre un gâteau au chocolat pour six. Elle ne mange plus rien à table mais elle dévore en douce des spaghettis crus. Une seule chose ne bouge pas : Alexia, 15 ans, hait Chloé, sa petite sœur de 12 ans. Chloé a renoncé à la faire changer d’avis à son sujet, elle préfère se faire la plus discrète possible. Qui sait, ça finira peut-être par s’arranger ? Depuis quelques jours, Alexia lui confie des secrets, à elle seule, et Chloé se surprend à penser qu’il suffirait de peu pour que sa sœur aînée l’accepte enfin… Si c’est le cas, Alexia prend un fieffé détour. Sa haine reste intacte, on dirait même qu’elle augmente. Mais qui déteste-t-elle le plus au monde : sa petite sœur ou elle-même ? » (Résumé de l’éditeur)

« Elle s’appelle Chloé, mais sa sœur l’appelle petite merde, elle trouve que cela lui va mieux. » Première phrase, et le ton est donné. Ce court roman a été un vrai choc, je l’ai trouvé percutant, impossible de respirer pendant toute ma lecture. Tout du long, la pression monte, et on attend le moment où tout va exploser, en ce demandant comment ça va bien pouvoir finir.

Le style de l’autrice est très impersonnel, très froid, mais je pense que c’était volontaire, et surtout nécessaire afin de ne pas se laisser noyer par la violence des sensations de Chloé ou d’Alexia. Je pense aussi que c’était vraiment pertinent de prendre le point de vue de Chloé dans cette histoire, qui permettait d’observer l’action avec peut-être un peu plus de recul.

La relation entre les deux sœurs était vraiment passionnante. Tout du long, on est sur un amour-haine d’une rare violence, et c’est absolument terrible de voir Chloé qui ne comprend pas ce qui se passe, et qui est persuadée que sa grande sœur la hait. D’un côté, on déteste Alexia pour ce qu’elle fait, mais on comprend aussi qu’elle est malade, qu’elle a besoin d’aide. C’est horrible de voir que les parents ne détectent pas les signes pourtant clairs des troubles de l’alimentation de la grande sœur.

La fin était pour moi trop rapide, tout s’accélère et on doit lâcher les personnages beaucoup trop rapidement. J’aurai aimé que des mots soient mis sur l’anorexie d’Alexia plus tôt, et qu’on la voie au moins un peu sur le chemin de la guérison, qu’est-ce-que ça change à sa relation avec Chloé etc.

C’est vraiment une lecture que je conseille vivement, c’était très percutant et fort, avec des sujets difficiles mais vraiment bien traités et tout de même adaptés à des jeunes à partir de treize ans je dirais.

Prenez bien soin de vous,

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Pour aller plus loin :

La Passe-Miroir Livre 2 : Les disparus du Clairdelune – Christelle Dabos

Aujourd’hui je vous parle du tome 2 de la fameuse série de La Passe-Miroir de Christelle Dabos, qui a été un énorme coup de cœur ! N’hésitez pas à aller voir mon avis sur le premier tome avant de lire cette critique !

Fantasy • Complots • Magie

Résumé : Ophélie a enfin fait son entrée à la cour de Farouk, et tente du mieux qu’elle peut de survivre dans cet environnement violent. Mais des personnalités de la Cour commencent à disparaître, et Ophélie se retrouve embarquée dans une enquête qui la mènera à une vérité sans doute encore plus dangereuse.

J’ai ADORÉ ce deuxième tome, qui a été un énorme coup de cœur. J’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans le premier tome, sans aucun des défauts de ce dernier.

Si le premier tome était clairement introductif, les personnes amatrices d’actions ne seront pas déçues par ce tome, où il se passe énormément de choses. J’ai adoré l’aspect enquête, qui permet aussi d’avoir un fil conducteur par tome, ce qui est très appréciable. Toute l’histoire autour de Dieu et des esprits de famille était passionnante, je mourrais d’envie d’en savoir plus.

On assiste à une vraie évolution des personnages, ce qui est très appréciable. Dans mon post sur le premier tome, je disais qu’Ophélie m’agaçait beaucoup, mais qu’elle avait commencé à évoluer. Et bien dans ce tome là, elle évolue énormément, elle n’a plus rien à voir avec la jeune fille timide et réservée qu’elle était au début, et ça ne la rend que plus attachante. Et Bérénilde maintient sa place de personnage secondaire préféré, franchement je l’adore, et sa relation avec Ophélie est vraiment adorable.

L’écriture de Christelle Dabos est exceptionnelle. Elle a su créer un univers extrêmement complexe et bien construit, des personnages attachants malgré leurs défauts … Durant ma lecture, il m’est souvent arrivé d’oublier que j’étais en train de lire, tant l’écriture était poignante, impossible de lâcher mon roman ! C’est le genre de livre qui me fait me dire que c’est incroyable, ce que de simples mots sur le papier peuvent produire. Je l’ai dévoré en une journée, ce qui est assez incroyable au vu de la taille du bouquin !

Je ne vais pas faire de pronostics pour la suite, car j’ai déjà lu le troisième tome (mon avis arrive bientôt), mais je me rappelle qu’en ayant refermé le livre, j’étais pleine d’appréhensions pour la suite, tout simplement car la fin de ce tome est terriblement haletante !

Franchement, je ne sais pas quoi ajouter, il se passe tellement de choses que c’est impossible de tout commenter, si ce n’est que cette série mérite tout le bien qui en a été dit, alors FONCEZ.

Bien à vous,

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Pour aller plus loin :

Akata Warrior – Nnedi Okorafor

Enfin ! J’ai pu lire Akata Warrior de Nnedi Okorafor, c’est la suite de Akata Witch de la même autrice (je vous conseille vivement de lire mon article sur le premier tome avant de lire celui-ci). Ce deuxième tome est toujours publié en France chez l’École des Loisirs et traduit par Anne Cohen.

Urban fantasy • Magie • Culture nigérienne

Résumé : Voilà un an que Sunny et ses amis, Chichi, Orlu et Sacha, ont sauvé le monde. Depuis, elle vit de son mieux, entre l’école le jour, et les leçons de Léopard qu’elle prend la nuit. Lorsque le frère de Sunny va être menacé par une dangereuse confrérie, Sunny ne va pas hésiter, malgré l’interdiction, à utiliser le juju pour le sauver.

J’ai vraiment adoré ce deuxième tome, que j’ai autant aimé que le premier, si ce n’est plus. Les personnages sont toujours aussi bien construits, et Sunny est vraiment un personnage principal passionant.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce tome, c’est que contrairement au premier, où l’univers est mis en place, ici, on a beaucoup d’action. Et il se passe beaucoup de choses ! On peut le voir rien qu’à la taille du livre, qui est bien plus épais que le premier ! Pour citer quelques unes des actions qui se passent, on trouve dans ce tome un combat contre une confrérie dangereuse, la séparation de Sunny de son visage-esprit, des voyages dans l’au-delà, un peigne offert par un esprit de l’eau, et la rencontre avec une charmante araignée géante … et aussi le nsibidi qui prend encore plus d’importance !

On trouve toujours autant d’inspirations de la culture nigérienne, et c’est toujours aussi génial à lire et à découvrir. Vous vous souvenez quand j’ai dit dans ma première review que la société des Léopards était très dure ? Ok, disons que j’étais très loin de la réalité. Dans ce tome, on parle quand même d’enfermer une jeune adolescente dans une chambre pendant une semaine avec un démon parce-qu’elle n’a pas respecté les règles ! Donc « dur », je ne sais pas si c’est assez !

Les personnages sont toujours aussi attachants, et ils évoluent petit à petit, tout en restant fidèle à eux-même. L’amitié entre les quatre est vraiment super bien construite, j’adore voir combien, malgré les disputes et les incompréhensions, ils restent si liés et prêts à tous les uns pour les autres. On a aussi des personnages secondaires qui se développent bien plus, comme la famille de Sunny, notamment ses frères.

En résumé, j’aime toujours autant cette série de fantasy, et maintenant il va falloir attendre que le troisième et dernier tome sorte en anglais, puis en français … Ça va être dur !

Sinon, j’aime toujours autant la couverture française.

À la prochaine !

Paper

Pour aller plus loin …

À la vie, à l’amour – Justin A. Reynolds

Bonjour ! Aujourd’hui je vous parle d’une romance contemporaine Young-adult traduite en français par Maud Ortalda et publiée chez Pocket Jeunesse : À la vie, à l’amour de Justin A. Reynolds.

Romance • Boucle temporelle • Deuil

Résumé : Jack Ellison King a l’impression de ne jamais rien réussir dans sa vie. Et maintenant, le fille dont il est amoureux (qui est accessoirement sa meilleure amie) sort avec son meilleur ami. Mais lors d’une soirée, Jack va faire la rencontre de Kate. Avec elle, tout semble simple, et il ne faut pas très longtemps à Jack pour tomber fou amoureux. Tout semble parfait. Jusqu’à ce que Kate meure. Et que Jack retourne à la soirée où il l’a rencontrée pour la première fois. Il semblerait qu’une deuxième chance lui ai été donnée : Jack réussira-t-il à sauver Kate, tout en préservant ce qui est le plus cher à ses yeux ?

C’était une romance très sympa, que j’ai lue après en avoir vu des avis très positifs, mais tout de même assez décevante pour moi sur plusieurs points, que je vais développer.

Commençons par le positif. J’ai vraiment aimé le personnage de Jack, qui était très attachant. C’était vraiment un personnage bien construit, drôle, gentil, et qui essaye de bien faire (j’ai bien dit essaye). De manière générale, il n’y a aucun personnage qui n’ai le droit à une construction logique et intelligente dans ce livre. J’ai particulièrement apprécié le meilleur ami de Jack, Franny, et sa relation avec son père. Et Kate est vraiment géniale. D’ailleurs, la romance principale fonctionne vraiment très bien, et j’ai vraiment adoré l’histoire d’amour entre Jack et Kate.

Après, la construction est celle d’une histoire avec un évènement en boucle, un peu à l’Un jour sans fin ou au roman Une semaine, sept lundis, donc j’ai retrouvé des schémas assez basiques là-dedans.

Le personnage que je n’ai pas supporté, c’est la meilleure amie de Jack, Jillian. Elle est donc en couple avec Franny, l’autre meilleur ami de Jack. Déjà elle m’a énervée parce-qu’elle fait des espèces de scènes de jalousie à Jack qui n’ont pas lieu d’être. Comme quand elle fait tout un discours à Jack sur le fait qu’il l’a « abandonnée » à la soirée pour être avec Kate, et qu’elle ne le « reconnaît plus » depuis qu’elle est entrée dans sa vie. Mouais. Dis-le que ton petit Jack n’est plus à tes pieds et que ça te dérange. Mais pour moi, le pire, c’est dans un des « reboots », où Jack décide d’abandonner Kate et où il va embrasser Jillian (alors qu’elle est en couple avec son MEILLEUR AMI). Alors, on a bien un développement, où on montre à quel point c’était une mauvaise décision du côté de Jack, combien il s’en veut, pourquoi il n’aurait pas du faire ça etc. Mais du côté de Jillian … Rien ? Genre elle accepte les avances de Jack, et se met à sortir avec lui ? Donc, ça veut dire qu’elle était prête à quitter son copain comme ça pour Jack ? Ça m’a mise très mal à l’aise.

Ensuite, j’ai trouvé plusieurs incohérences dans le roman qui m’ont fait froncer les sourcils.

Et enfin, la fin, que je n’ai tout bonnement pas comprise. Il y avait une fin claire, mais l’auteur s’est senti obligé de rajouter un épilogue incompréhensible qui a tout changé. Je pense que le message était que ce n’est pas la fin qui compte, mais j’ai trouvé que c’était amené de manière très maladroite.

Pour résumer, c’est une romance très sympa, avec des personnages attachants, mais certains points m’ont empêché de plus l’apprécier que ça. Mais si vous aimez le trope de la boucle temporelle, vous apprécierez sans doute ce roman.

Ne tombez pas dans une boucle temporelle (non, franchement, c’est galère),

Paper

Pour aller plus loin …